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L’hypocondriaque ou le malade imaginaire (mais sincère) est caractérisé par la peur obsessionnelle de développer ou d’être atteint par une grave maladie mettant sa vie en danger. Il a tendance à interpréter le moindre symptôme comme un signe évident « d’une maladie ». Son anxiété est telle qu’elle l’envahi, le panique et perturbe son entourage qui ne sait pas toujours comment réagir.

Le dernier film de Dany Boon «supercondriaque » met avec humour, l’accent sur l’hypocondrie –pathologie très répandue qui touche environ un tiers de la population française (etude ifop). Cette maladie n’est pas nouvelle puisque déjà au 17e siècle MOLIERE parlait de «malade imaginaire» et que nous gardons l‘image du malheureux Argan dont les médecins se gaussaient et profitaient amplement.

 

Origine de l’hypocondrie ?

L’on remarque que cette pathologie (commune à l’homme et à la femme) ne vient pas par hasard. Malgré le fait qu’ellese déclenche à l'âge adulte son origine remonte presque toujours au temps de l'enfance. Nous reconnaissons un point commun chez beaucoup d’hypocondriaques : petits, ils ont été particulièrement entourés sur le plan de la santé. Leurs parents voulant trop bien faire, les surprotégeaient et survalorisaient le moindre petit bobo qui était accompagné de bénéfices secondaires : absence scolaire, attentions particulières…

Plus tardivement, l’hypocondrie peut être déclenchée par un deuil ou la maladie d’un proche.

Ceci est à distinguer d’une hypocondrie consécutive à une grave maladie réelle, pourtant stabilisée mais dont une récidive peut-être crainte. Par exemple, le cancer est particulièrement anxiogène.

L’on remarque également l’arrivée de peur de la maladie chez des personnes ayant subi une perturbation de son image (comme d’adolescent qui change de corps, une importante perte de poids ou après la ménopause).

 

Que peut faire l’entourage du malade ?

L’entourage est souvent désespéré et ne sait comment faire pour aider l’hypocondriaque.

Certains répètent « mais non, tu n’as rien… c’est encore tes peurs… essaie de prendre sur toi… ». Hélas, ils ne sont pas entendus car il a besoin d’être reconnu comme malade.

D’autres acceptent de revêtir le rôle du soignant et l’on observe alors une forme de « délires à deux » dans laquelle le partenaire n’existe plus. Sachant que tout tourne autour de la peur de la maladie et il n’y a plus de place autre chose. La vie amicale, affective et intime est gravement perturbée.

 

Que faire ? La place du médecin ?

La place du médecin est difficile : il doit écouter et montrer qu’il prend au sérieux une maladie dont il sait qu’elle n’existe pas ! Il faut savoir que contrairement aux troubles psychosomatiques, le corps de l’hypocondriaque n’est jamais atteint et que ces patients très suivis médicalement, vivent vieux.

Le travail est d’autant plus pénible qu’ils n’ignorent pas que ces patients doutent de leur capacité à pouvoir les aider et que le malade imaginaire consultera plusieurs médecins jusqu’à trouver celui qui (selon lui) aura une véritable écoute de ses symptômes.

Ces derniers multiplient consultations et spécialistes diverses. Ni les propos rassurants des médecins, ni les examens montrant une absence d’atteintes physiologiques ne parviennent pas à rassurer leurs peurs hypocondriaques.

Reste donc au médecin de conduire son malade à consulter un psy, ce qui n’est pas toujours accepté par l’hypocondriaque persuadé que ses troubles sont physiologiques.

 

Pourquoi l’hypocondriaque a-t-il inconsciemment besoin de croire en ses symptômes ?

Se croire atteint d’un symptôme est un moyen pour lui de matérialiser une angoisse diffuse et ainsi mieux la canaliser. Ce qui est repérable, comme la maladie, lui semble inconsciemment plus simple à traiter que le stress intérieur non identifié qui l’envahi.

 

Quelles thérapies ?

Les thérapies les plus indiquées sont psychocorporelles ou reposants sur l’imaginaire (sophrologie ou thérapies par le rêve-éveillé).

Le groupe de psychodrame est également une bonne indication pour donner la possibilité au corps d’exprimer l’angoisse et la reconnaître. Les jeux de psychodrame lui permettront une régression suffisante pour figurer les angoisses qui l’accablent, pour être au plus près de son corps et de ses ressentis et ainsi mieux comprendre l’origine de ses véritables angoisses.


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