Thérapie de couple

« Le meilleur moyen de trouver l’amour est de la donner
Le meilleur moyen de la perdre est de le retenir prisonnier
Le meilleur moyen de le garder est de lui donner des ailes »

La passion s’applique à de nombreux domaines –le sport, le cinéma, les arts, la musique, aux collectionneurs…. Freud a étayé la théorie psychanalytique sur sa passion des collections d’art antique. (Le bas relief de la Gravida)

Nous considérons alors ce sentiment comme constructif puisque moteur de désirs et d’actions. Dans ce sens, nous ne pouvons que recommander toutes passions.

Mais qu’en est-il de la passion amoureuse ?

L’on peut définir la passion amoureuse comme un sentiment brutal qui bouleverse l’aimant(e) au plus profond de ses sens, de sa raison et le met dans un état d’exaltation qu’il ne maîtrise plus. Nous disons « brutal » car l’entrée dans la passion est violente, souvent comme un coup de foudre.

Même si la passion a un côté merveilleux puisqu’elle contient ce potentiel d’élan émotionnel et qu’elle peut permettre à des êtres trop rationnels de se libérer de leurs inhibitions, ce n’est pas sans raison que le mot passion dérive du latin pati qui signifie souffrir.

Le passionné perd le contact avec tout sens logique. Il a l’impression d’être projeté sur une autre planète où les sentiments, les émotions, les désirs sont à leur paroxysme. Le passage par les étapes classiques de connaissance de l’autre n’existent pas, le rapport étant immédiatement fusionnel. Par sa violence, la passion peut outrepasser les lois, bousculer les tabous, abolir les distances : le passionné perd la maîtrise de lui-même et entre dans un leurre, une illusion, un fantasme qui peut le mener vers des extrêmes qui ne lui ressemblent pas. Même si dans une histoire amour plus raisonnable, nous considérons que l’illusion est toujours présente, ce n’est pas comparable avec l’état de passion où tout est décuplé. Selon Freud, le passionné cristallise autour de l’être aimé une production de fantasmes qui vient doubler la réalité et rend l’objet toujours insaisissable. L’aimée se retrouve dotée de toutes les qualités qui ne correspondent en rien à une réalité objective.

En cas d’une réciprocité de sentiments : les amoureux se sentent pris dans le cercle de la passion, sans repères, hors du temps, hors du monde, ils se suffisent à eux-mêmes. Ils s’enferment dans leur relation, se coupe de l’extérieur au risque d’asphyxier leurs liens.
S’il n’y a pas réciprocité : l’aimant se retrouve dans des affects violents aussi bien physiquement que psychiquement. Physiquement, il peut se mettre à trembler face à l’objet d’amour, transpirer, bagayer, ses mains sont moites, il souffre. Psychiquement, il est aveuglé par la femme qu’il aime, qui devient le pôle exclusif de ses pensées. Plus rien d’autre n’a d’importance.
Dans ces cas de passion amoureuse, nous ne sommes pas dans le désir amoureux mais dans le besoin de l’autre. Le passionné alterne de la douleur à euphorie en fonction de la présence ou non de l’objet d’amour. Il entre dans une dépendance à l’autre dont il ne peut se passer.

Par mon expérience de l’addiction, je reconnais ces notions de besoin, de manque, de souffrance et de dépendance comme appartement aux pathologies addictives. L’autre devient comme une drogue. Nous retrouvons les mêmes symptômes que dans toute pathologie addictive: les passionnés sont entraînés dans des spirales incontrôlables, ne supporte pas la frustation, sont dans un besoin immédiat de l’autre pour éviter la souffrance. Ils se sentent dans un sentiment d’incomplétude qu’ils tentent de combler ensemble. Nous pouvons avancer l’hypothèse freudienne d’un manque originel mémorisé par les corps dès l’origine de leur vie. Le besoin de complétude leur donne l’espoir inconscient de retrouver ensemble les mêmes sensations éprouvées avec l’objet premier perdu, le manque primordial de la mère.

L’on remarque que les coups de foudres arrivent surtout chez des personnes fragilisées par une carence affective. C’est par la passion amoureuse et la relation à l’autre que le couple se sent dans une complétude absolue dont ils n’arrivent pas à se défaire. La fusion est si forte qu’ils sont perdus l’un sans l’autre lorsqu’ils sont séparés ou qu’ils risquent de se perdre dans l’autre lorsqu’ils sont ensemble. Il n’y a plus la distance nécessaire à tout couple pour exister sans l’autre. La passion s’appuie sur leurs fondements narcissiques : chacun fonctionnant comme le miroir idéalisé de l’autre. Le besoin narcissique classique dans la vie amoureuse où chacun recherche dans le regard de son conjoint un retour positif, devient exorbitant et mégalomaniaque dans la passion amoureuse. Il s’agit d’aimer avec la même violence que lorsque l’enfnat s’est aimé lui-même dans la période narcissique primaire du début de sa vie. Je vous rappelle que le narcissisme primaire désigne la période où l’enfant a, comme Narcisse, investi toute la libido sur lui-même.

La rencontre passionnelle, ce fameux coup de foudre est comme un choc spéculaire.


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