Les supports numériques et le « monde virtuel » alerte bien-sûr les psychothérapeutes qui craignent des dérives vers une rupture avec le réel.

Les jeunes sur les supports numériques, se replient dans  une construction mentale inhérente à la technologie dans laquelle ils s’immergent physiquement et psychiquement. Ils sont alors en interactions avec des simulations sensorielles qui modifient leurs véritables perceptions : ils ont ainsi l’impression de pouvoir se déplacer physiquement dans cette espace virtuel.

 

A l’époque de l’adolescence, période où se réactivent les fragilités de l’enfant, l’adolescent va devoir pour se trouver,  recréer un « espace transitionnel ». C’est à dire un espace entre l’illusion et l’hallucination.

Si je me réfère aux théories du pédo-psychiatre et psychanalyste britannique Winnicott et de sa vision de la fonction psychique du jeu,  qu’il décrit comme une rencontre avec la réalité externe où l’adolescent éprouve le plaisir de créer un objet dont il a besoin, dans l’illusion de sa capacité à créer.

Le passage par le jeu est une forme de quête où il se cherche lui-même. Pour se trouver,  le jeune prend le risque de se perdre dans le virtuel, de se donner la possibilité de rêver, d’inventer, jusqu’à parvenir à un état où l’idée même de but disparaisse, pour qu’une création subjective puisse advenir.  Le jeu est naturel, créatif et créateur.

 

Le jeu a également une fonction d’apprentissage et d’imitation : l’ado expérimente ce qu’il est capable de faire et peut simuler ce qu’il aimerait être capable de faire.

L’espace  transitionnel est une illusion qui permet à l’adolescent de trouver refuge, plaisir et  créativité.

 

Mais si la créativité est un élément constructif de l’adolescent, tout est une question de quantité et d’encadrement.

Le risque étant la dépendance, la compulsivité qui risque de hisser le jeune hors de la réalité. Dans ce cas là, il n’y plus la distance nécessaire entre le virtuel et le jeune.  On ne peut plus parler d’espace de jeu, il y a adhérence.

Certains adolescents sont plus fragiles que d’autres, comme par exemple, les cas limites ou ceux qui souffrent de poly-addictions (le cannabis, alcool). Ceux-ci peuvent perdre le sens de la réalité.

 

 

Par contre, si l’enfermement dans le virtuel n’est qu’une fascination pour les le numérique et les écrans, et que l’investissement pour l’environnement reste intact, il n’y a pas de quoi s’inquiéter. Une mise au point avec les parents et un cadre déterminé peut permettre d’éviter tout abus ou dépendance, et être suffisant pour éviter à l’adolescent de se détourner de la réalité.

 

Dans les cas d’addiction au virtuel, une psychothérapie familiale ou individuelle est indispensable.


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