Psychothérapie

Les fêtes sont l’occasion pour les familles de se réunir. Aussi, suivant les traditions familiales, toutes les générations se rassemblent chaque année autour d’un repas. Certains sont ravis alors que d’autres cherchent désespérément une excuse pour échapper à ces rencontres. C’est le cas d’un bon nombre de mes patients. En effet, contrairement à ce que l’on pourrait penser, nombreux sont ceux qui se plaignent de devoir assister aux réunions de famille. Ils craignent la confrontation à un frère ou des cousins, souffrent du  rappel des absents, veulent éviter l’heure de la distribution des cadeaux ou le moment de rejoindre la place qui leur est attribuée autour de la table. Toutes ces étapes de la soirée sont perçues avec crainte car ils anticipent les rivalités ou l’abus d’alcool et les excès qu’il entraine mais surtout la régression vers les émotions de leur enfance.

Ce que cachent les réunions de famille ?

Pour de nombreuses familles, ces réunions sont attendues car le désir de se faire plaisir en recevant ses proches et la joie de les gâter domine. Pour d’autres, ces réunions sont plus angoissantes car au plaisir se mêle la résurgence d’un vécu infantile difficile, ce qui crée appréhension et malaise. Ils sont cependant censés montrer leur joie, participer à l’entente apparente et  faire « comme s’ils » appartenaient à une famille merveilleuse. Ils se sentent dans l’obligation de partager le fantasme collectif de la famille idéale.

Pourquoi toutes ces appréhensions ?

Ces fêtes génèrent un retour à l’enfance, une régression censée renvoyer au plaisir de la féérie des lumières, des cadeaux et du plaisir d’être ensemble…

Hélas, le vécu infantile ne correspond pas toujours à ces rêves.

Les réunions familiales peuvent également représenter :

  • la séparation des parents qui oblige les enfants à être dans une famille et se priver de l’autre branche parentale
  • Le parent ou un membre de la famille disparu
  • Le manque d’argent et la pauvreté de la fête
  • L’impression d’être différent car les autres familles sont censées s’amuser et être heureux
  • L’excès alcoolique qui en désinhibant est à l’origine des cris et des pleurs
  • Le stress et les rivalités familiales…

 

Même si tout est fait pour « faire comme si », les émotions de l’enfance profondément ancrées en soi sont réactivées dans ces réunions, ce qui  gâche la fête. De plus, il est frustrant de ne pas pouvoir exprimer ce que l’on ressent réellement : « Ce n’est pas le moment, ce ne serait pas compris, on ne doit se rappeler que les bonnes chose, ce ne serait pas gentil… ». Aussi chacun garde ses ressentis, les étouffe et en souffre. Derrière l’apparence de l’adulte d’aujourd’hui, de ce qu’il représente, se  cache un enfant en souffrance.

Les places autour de la table :

Les places distribuées à chacun autour de la table  renvoie aux rivalités du passé. Réapparaît ce qui avait été perçu dans l’enfance, comme des préférences ou des abandons. « Pourquoi est-ce encore le grand frère qui est à côté du père, la petite sœur préférée  auprès de la mère et moi en retrait à un bout de table à côté de la tante? ».

De plus, il est impossible d’échapper au descriptif de la réussite des frères, sœurs ou cousin, à la présentation du nouvel ami de sa cousine, du dernier bébé alors qu’hélas d’autres n’ont pas encore rempli leur vie  affective et qu’ils sont dans une période de chômage.

La jalousie, les rancoeurs, les  frustrations, les manques de l’enfance réapparaissent et font toujours aussi mal.

Pourtant ces émotions sont ambivalentes. Même si les blessures  se rouvrent, elles se mêlent au plaisir de revoir les siens. Quelque soit sa place, on appartient à une famille en étant le frère, le fils, le neveu…même si inconsciemment, cette famille ne nous reconnaît pas totalement.

Le regard :

Même si ces réunions de famille bouleversent, il est rare de refuser d’y participer. Pourquoi ? Ce serait vécu par la famille comme une transgression et il est difficile, même adulte, de ne pas faire preuve de loyauté envers sa famille. La crainte du jugement et des représailles possibles ôtent toute envie de rébellion. Malgré le désir légitime d’échapper à ces réunions, chacun tente de maintenir sa place dans la famille et d’être reconnu comme l’enfant parfait.


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