Un grand nombre de nos patients ont soufferts de la relation avec une famille destructrice. Ainsi, ils ont été victimes de maltraitance, d’abus sexuel, d’abandon, de jalousie, de rejet, d’une séparation, d’un deuil… Ils en ont conscience et en garde des séquelles qui se manifestent sous formes de symptômes, de dépression, de peur, de phobies, de stress ou d’angoisse.

D’autres n’arrivent pas à reconnaître le lien entre leur mal de vivre et leur vécu, maintenant ainsi un déni qui leur permet de se construire sur l’illusion d’imagos parentaux fiables. En effet, tout être humain, quelque soit l’âge ou le sexe, a besoin d’affection, d’amour pour avancer dans sa vie et tenter d’accéder au bonheur. Aussi, même s’ils ont eu des parents destructeurs, certains enfants continuent à les perçevoir comme bons car ils ont besoin d’y croire. Et nous savons combien les enfants maltraités, protègent leurs parents en se convaincants qu’ils  sont coupables de ce qui leur arrive.

Il est évident que l’on ne choisit pas sa famille mais « faire avec » demande des compromis intrapsychiques particuliers :

ROMAN FAMILIAL

Certains se construisent psychiquement un roman familial. Ainsi, pour mieux supporter des parents jugés mal-aimants ou l’étant réellement, certains enfants s’inventent une autre famille. La création psychique d’un roman familial existe dans tous les milieux et pas seulement dans les milieux pathogènes.

Par exemple, pour s’extraire de leur réalité douloureuses, les enfants s’imaginent avoir été adoptés, recueillis ou même kidnappés. Cette famille fantasmée est plus chaleureuse, plus sécurisante et souvent plus prestigieuse. Freud reconnaissait ces fantasmes comme nécessaires à l’enfant pour supporter ses frustrations et se construire un environnement où il est tout-puissant car aimé inconditionnellement par ses parents.

Progressivement, ce roman familial s’efface pour laisser place à l’acceptation de la réalité des parents avec leurs défauts et leurs qualités. Ce stade arrive à un moment où l’enfant devenu l’adolescent, s’accepte lui-même avec ses qualités et ses défauts.

DEUIL DU PARENT IDEAL

Accepter la réalité de ses parents et de ses origines demande à faire deuil du parent idéal fantasmé. Même lorsque cette parenté est difficile à porter, cette acceptation est nécessaire pour s’accepter soi-même en tant qu’enfant de la famille, porteur légitime d’un nom qui pourra se transmettre à ses propres enfants. Lorsque la personne a été victime de maltraitance, accepter la filiation et prendre sa place dans la généalogie familiale demande à renoncer à la haine que l’on porte légitimement envers ses agresseurs. Dans ces cas particuliers, se reconnaître comme enfant de ses parents agresseurs oblige à faire un travail psychothérapique qui aidera à pardonner. Il est bien entendu que pardonner est un travail psychique qui n’oblige ni à oublier, ni à s’efforcer de rester en lien avec sa famille.

Accepter les parents réels oblige également à renoncer à ce qu’ils changent. Cet espoir et cette attente rendait douloureux chaque nouvelle déception.

 

En conclusion, nous comprenons que s’affirmer, prendre une place dans sa vie, évoluer vers un chemin positif pour soi, nécessite la reconnaissance de soi, de son histoire et des origines.

La meilleure façon de réparer une enfance douloureuse et une famille pathogène est de fonder sa propre famille selon le modèle le plus adapté à ses désirs.


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