Actualités

L’histoire de la famille Agnelet nous renvoie à la notion de « secret de famille ». Un des fils est convaincu de la réalité du meurtre commis par son père mais les « non-dits » qui l’entourent et le désir de protéger ses proches, l’ont fait douter pendant des années de la véracité des faits.


Le procès a été le moment clé qui a permis à ce fils de se libérer d’un poids, au risque de disloquer sa famille et d’en être rejeté. L’histoire ne dit pas l’impact de ce secret sur sa vie mais les psychothérapeutes en voient l’effet perturbant chez leurs patients, enfants ou adultes. Les secrets de famille pèsent sur leurs destins à leur insu, les orientent dans leurs choix de vie, freinent leur épanouissement et peuvent faire obstacle dans l’apprentissage et les acquisitions scolaires ou culturelles. Ils sont la cause de troubles affectifs et communicationnels qui se transmettent de parents à enfants.

Tous les secrets n’ont pas les mêmes répercussions sur le psychisme, pourtant tous portent sur les origines (enfants adultérins, adoptions, stérilité), la sexualité (incestes, viols…), la maladie mentale, les transgressions, les faits de guerre, les deuils d’enfants, des suicides maquillés en accidents… ils portent sur tout ce qui peut entraver l’image positive d’une famille ou déborder des limites morales imposée par la culture familiale.

 

Comment éviter que ses secrets continuent à se propager de génération en génération ?

Il est difficile de tout dire d’autant plus que les secrets de famille sont souvent plus ressentis que conscients. « Ils suintent » et le porteur du secret ressent des émotions souvent incomprises qu’il peut somatiser (dire par le corps ce qu’il ne peut verbaliser). Parfois les familles persistent à nier ce que ressent le porteur du secret lorsque ce dernier tente quelques questions sur de sujets qui lui semblent flagrants, sur ce qu’il est sûr d’avoir vu ou entendu. Comment dans ces conditions, ne pas perdre toute confiance en soi !

Doit-on tout dire ? Certains faits ou événement peuvent être trop douloureux ou trop perturbants à entendre. Comment réagir lorsque l’on porte le prénom d’un enfant mort dans des circonstances troublantes ou lorsque le père que l’on croyait être le sien s’avère ne pas l’être ? Toutes les bases de son existence risquent de basculer.

Comment faire la différence entre les non-dits qui protègent les familles ou ceux qui pourraient leur être nocifs ? Je pense qu’il n’y a pas vraiment de réponses à cette question malgré le fait que nous sachions que les secrets sont toujours pathogènes. Tisseron, psychanalyste qui a beaucoup écrit sur la question, suggère au porteur du secret d’avertir sa famille qu’il existe un poids douloureux que l’on ne peut pas lui révéler mais qu’il pourra tenter de rechercher s’il le désire ou élaborer selon ses possibilités.


Articles similaires

Réalisation & référencement Simplébo

Connexion